L'Histoire par l'image 1789-1939

L'Histoire par l'image 1789-1939
Hors-série Napoléon Bonaparte
Réunion des musées nationaux en partenariat avec la Direction générale des patrimoines

Les premiers aéroplanes militaires

La première utilisation des aéroplanes lors des manœuvres de Picardie de 1910. Planche 7. La première utilisation des aéroplanes lors des manœuvres de Picardie de 1910. Planche 7.
La première utilisation des aéroplanes lors des manœuvres de Picardie de 1910. Planche 10. La première utilisation des aéroplanes lors des manœuvres de Picardie de 1910. Planche 10.
La première utilisation des aéroplanes lors des manœuvres de Picardie de 1910. Planche 11. La première utilisation des aéroplanes lors des manœuvres de Picardie de 1910. Planche 11.
La première utilisation des aéroplanes lors des manœuvres de Picardie de 1910. Planche 7.

© Photo RMN - Droits réservés

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Titre : La première utilisation des aéroplanes lors des manœuvres de Picardie de 1910. Planche 7.

Date de création : 1910
Date représentée : 1910
Dimensions : Hauteur 20.5 cm - Largeur 30.2 cm
Technique et autres indications : Héliogravure sur papier.
Planche 7 du "Aux manoeuvres de Picardie 1910. La quatrième arme française", édité par "La Carte Nouvelle", Paris.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 2003.52.2.7 / 06-506097

La première utilisation des aéroplanes lors des manœuvres de Picardie de 1910. Planche 10.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN / Pascal Segrette

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Titre : La première utilisation des aéroplanes lors des manœuvres de Picardie de 1910. Planche 10.

Date de création : 1910
Date représentée : 1910
Dimensions : Hauteur 20.5 cm - Largeur 30.2 cm
Technique et autres indications : Héliogravure sur papier.
Planche 10 du "Aux manoeuvres de Picardie 1910. La quatrième arme française", édité par "La Carte Nouvelle", Paris.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 2003.52.2.10 / 06-506098

La première utilisation des aéroplanes lors des manœuvres de Picardie de 1910. Planche 11.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN / Pascal Segrette

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Titre : La première utilisation des aéroplanes lors des manœuvres de Picardie de 1910. Planche 11.

Date de création : 1910
Date représentée : 1910
Dimensions : Hauteur 20.5 cm - Largeur 30.2 cm
Technique et autres indications : Héliogravure sur papier.
Planche 11 du "Aux manoeuvres de Picardie 1910. La quatrième arme française", édité par "La Carte Nouvelle", Paris.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 2003.52.2.11 / 06-506099


Contexte historique

La « nouvelle arme »

Durant les premières années du XXe siècle l’aviation connaît sa véritable naissance : les machines se perfectionnent, les exploits se succèdent et les vols se multiplient.

Dans un contexte politique tendu en Europe, les gouvernements s’intéressent de plus en plus à un usage militaire de l’aviation, que l’on destinerait à l’observation mais aussi aux combats (chasseurs et bombardiers). L’idée d’une « nouvelle arme » (appelée aussi parfois « quatrième arme », aux cotée de l’Infanterie, de la Cavalerie et de l’Artillerie, l’aviation étant bientôt rattachée au Génie) s’impose donc rapidement : l’Aéronautique Française est créée en 1909, suivie de la Lufstrekräte en 1910 puis du Royal Flying Corps en 1912. Les premiers d’aéroplanes militaires sont réalisés et le 9 juin 1910 les officiers Albert Féquant et Charles Marconet réalisent un premier raid d’entraînement à Vincennes. Lors des Grandes manœuvres de Picardie qui se déroulent du 9 au 18 septembre 1910, 14 aéroplanes et 4 dirigeables sont utilisés pour la première fois dans ce type d’exercice, à des fins d’observation.

Pour des raisons à la fois stratégiques et documentaires, l’Armée réalise elle-même une série photographique de l’événement. La première utilisation des aéroplanes lors des manœuvres de Picardie de 1910 est un ensemble de 16 planches et les images ici sélectionnées correspondent aux numéros 7, 10 et 11. Si cette série est principalement destinée à un usage interne, certains de ses éléments comme ceux qui sont ici étudiés sont aussi diffusés auprès du grand public, tant pour rassurer l’opinion que pour démontrer aux autres nations la puissance et la modernité militaires de la France.


Analyse des images

Nouvelles scènes de la vie militaire

Les planches de la série La première utilisation des aéroplanes lors des manœuvres de Picardie de 1910 sont toutes constituées sur le même modèle : quatre photographies, accompagnées de leurs légendes regroupées à un endroit unique.

Sur la planche n°7, la première photographie (en haut à gauche) représente le pilote Paulhan et le sergent Seguin. Les deux hommes en uniforme se tiennent debout face à face et sont pris de profil : Paulhan à gauche et Seguin à droite. La seconde photographie montre le pilote Paulhan rentr(ant) au camp : du sol, hommes et femmes, dont la plupart sont en civil (les dames portent des robes) regardent l’aéroplane de l’aviateur dans le ciel. Un aéroplane biplan que départ du pilote Paulhan nous montre plus précisément, peu avant son décollage. Un groupe de militaires observe le pilote qui est en train de s’installer dans le cockpit de l’appareil qui a été sorti de son hangar de toile, visible au second plan. Défense du plateau évoque d’autres opérations, celles de l’infanterie : une rangée de soldats est à l’exercice, constituant une ligne de défense dans un champ fleuri.

La planche n°10 est elle aussi composée de quatre clichés. La rentrée de l’oiseau blessé montre un avion arrivant au sol, entouré de plusieurs hommes qui essayent de le stabiliser. Sur Le pilote adjudant Ménard et le capitaine Hugoni, les deux hommes semblent en plein vol, aux commandes. Ménard tient le manche, et Hugoni lit une carte, assis derrière lui. L’auto-canon représente une pièce d’artillerie montée sur une automobile, tandis que La défense de la voie ferrée nous fait voir un autre exercice militaire.

Enfin, la planche n°11 propose à son tour une scène de décollage (Départ du Sergent Caillet) et un portrait d’aviateur en vol (Le pilote lieutenant de Caumont). Le montage du sphérique montre des techniciens de l’armée en train de constituer un dirigeable, en attachant les cordes à la nacelle. L’échelle dont le sommet échappe au cadre sert à régler d’autres nœuds, plus près du ballon. Enfin, Réserves rejoignant représente une troupe de soldats marchant au pas, dirigée par un officier monté sur un cheval blanc.


Interprétation

Les pionniers de l’aviation militaire

Les grandes manœuvres qui se tinrent en Picardie du 9 au 18 septembre 1910 sont restées célèbres pour avoir été les premières à intégrer l’aviation militaire. Mais les clichés qui ne font pas de référence directe à l’aviation nous rappellent qu’il s’agissait aussi d’opérations d’entrainement plus classiques destinées justement à tester la complémentarité des procédés traditionnels avec la nouvelle arme, ainsi qu’à inventer les nouvelles pratiques (comme celles de défense du plateau ou de la voie) impliquées par cette dernière, qui concernent aussi bien les troupes au sol que les militaires directement liés à l’aviation (techniciens, pilotes et troupes d’appoint). Réserves rejoignant illustre à merveille la grande envergure de ces manœuvres, qui mobilisèrent jusqu’à 60 000 hommes dans les plaines du Beauvaisis et du pays de Bray. La modernité n’est d’ailleurs pas l’apanage exclusif de l’aéronautique, comme en témoigne L’auto-canon, exemple du fait que les manœuvres sont aussi consacrées pour la première fois à l’étude de l'emploi puissant de l'artillerie de Corps d’Armée, dont trente batteries sont mises en ligne.

Cependant, les photographies les plus remarquables par leur caractère inédit concernent les appareils de vol. Quatre dirigeables (dont l’un est visible sur Le montage du sphérique) et 14 aéroplanes, destinées ici à l’observation. On aperçoit ici plusieurs types d’aéroplanes : un biplan Henry Farman (piloté par Paulhan, et visible sur les planches 7 et 11), mais aussi un monoplan Blériot (sur La rentrée de l’oiseau blessé). Si on ne l’aperçoit pas directement, l’aspect mécanique et technique de cette nouvelle arme est évoqué à travers la figure du sergent Séguin, inventeur, avec ses deux frères, du moteur « Gnôme » à 7 cylindres en étoile, qui équipe plusieurs des aéroplanes ici engagés.

Enfin, les portraits consacrés aux premiers acteurs de l’aviation militaire. Ces hommes sont certes des soldats, mais ce sont avant tout des pionniers de l’aviation en général. A la fois pilotes, constructeurs ingénieurs et techniciens (Séguin), ces aventuriers se sont souvent illustrés avant même ces manœuvres dans des réunions aériennes « civiles » qui les ont rendus célèbres et incontournables. Ainsi le plus célèbre d’entre eux, Paulhan a participé aux premiers meetings aériens de l’histoire obtenant le 10e brevet de pilote au monde (juste après les tous premiers comme Blériot) et détenant plusieurs records de vitesse et d’altitude. Il appartient ici au 3e Corps d’armée tandis que Ménard et de Caumont relèvent du 2nd, placé sous le commandement du capitaine Hugoni.

Auteur : Alexandre SUMPF


Bibliographie

  • Le Sport universel illustré n° 736 du 18 septembre 1910.
  • René CHAMBE, Histoire de l’aviation, Paris, Flammarion, 1949.
  • Marty LAVAUZELLE, Les manœuvres de Picardie 1910, éditions Port, 1910.
  • Les escadrilles de l'aéronautique militaire française - Symbolique et histoire - 1912-1920, ouvrage collectif, Vincennes, SHAA, 2003.

Mots-clés

armée - aviation

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