© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet
Titre : Inauguration de la statue équestre d'Henri IV sur le Pont-Neuf, 25 août 1818.
Auteur : Hippolyte LECOMTE (1781-1857)
Date de création : 1842
Date représentée : 25 août 1818
Dimensions : Hauteur 79 cm - Largeur 119 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 88EE1021/MV 1781
La gloire d’Henri le Grand
La légende dorée d’Henri IV avait, dans les arts plastiques, connu un vigoureux regain au XVIIIe siècle, en particulier sous le règne de Louis XVI – quatre tableaux, notamment, destinés à servir de cartons de tapisserie ayant été commandés, en 1785-1787, au peintre François-André Vincent (Louvre et musée national du Château de Fontainebleau). La Restauration s’appuya dès l’origine sur la figure tutélaire du premier souverain Bourbon, symbole de la réconciliation nationale aussi tout comme de la monarchie légitime : l’entrée de Louis XVIII dans Paris le 3 mai 1814 y avait abondamment fait référence, le cortège du nouveau souverain s’étant arrêté sur le Pont-Neuf, devant une statue en plâtre de son ancêtre, sur le socle de laquelle avait été inscrit : « Le retour de Louis fait revivre Henri. »
Un nouveau monument
Comme les autres statues de souverain (Louis XIV place Vendôme et place des Victoires, Louis XV place de la Concorde), le monument dédié à Henri IV sur le Pont-Neuf avait été abattu pendant la Révolution. Dès 1814, on l’a vu, une version en plâtre l'y avait remplacée. On demanda au sculpteur Lemot une nouvelle statue, inaugurée à l’emplacement primitif en 1818, le jour de la Saint-Louis, autre date significative. C’est la cérémonie d’inauguration de ce monument particulièrement symbolique qui est ici représentée : un arc de triomphe blanc, couleur de la monarchie, avec le chiffre d’Henri IV, a été temporairement édifié. Dans la tribune placée face au terre-plein et à la place Dauphine, ont pris place les autorités, figurent le roi Louis XVIII, sa famille et notamment sa nièce, la duchesse d’Angoulême, fille de Louis XVI, ainsi que les membres éminents de la Cour. Les troupes rendent les armes, la foule, toutes classes et tous âges confondus, applaudit.
La restitution de la statue d’Henri IV faisait partie d’un plan délibéré visant à rendre à Paris son caractère de capitale royale. En succédant au régime napoléonien qui avait édifié divers monuments à sa gloire ou à celle de la France nouvelle, les Bourbons restaurés ne devaient de ne pas être en reste. Outre la statue d’Henri IV, on fit ainsi exécuter une nouvelle statue de Louis XIV place des Victoires. Cet aspect très symbolique de la statuaire monumentale devait être une des caractéristiques de la sculpture publique tout au long du XIXe siècle, en particulier à Paris. On notera néanmoins que le tableau qui commémore cet événement important pour la propagande légitimiste a été exécuté par Lecomte en 1842, à la demande de Louis-Philippe, pour les salles historiques du château de Versailles. Aussi est-il essentiellement narratif et topographique (comme dans le rendu du Paris de l’époque, avec les maisons du quai de la Seine à l’arrière-plan). Si la scène est retracée avec exactitude, aucune anecdote ne vient renforcer la signification politique profonde de l’événement dans la composition du tableau lui-même.
Auteur : Barthélemy JOBERT et Pascal TORRÈS