L'Histoire par l'image 1789-1939

L'Histoire par l'image 1789-1939
Hors-série Napoléon Bonaparte
Réunion des musées nationaux en partenariat avec la Direction générale des patrimoines

Papety, un artiste français en Grèce vers 1846

Athènes, l'Acropole vue de la colline de L'Olympéion.

© Photo RMN - T. Le Mage

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Titre : Athènes, l'Acropole vue de la colline de L'Olympéion.

Auteur : Dominique PAPETY (1815-1849)
Dimensions : Hauteur 28.5 cm - Largeur 44.6 cm
Technique et autres indications : Mine de plomb et aquarelle, sur papier blanc.
Vers 1846-1847.
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : RF 1773.91, Recto / 06-502588


Contexte historique

Etudier les Antiquités de Grèce

Dès 1845, les pensionnaires de l’École française de Rome peuvent gagner Athènes pour y étudier les Antiquités. Un an plus tard, alors qu’à Paris on élabore les plans d’une École française d’Athènes, le peintre Papety entreprend un premier séjour d’étude en Grèce. Ce voyage, et le suivant en 1847, illustrent l’importance des relations culturelles qui s’établissent entre la France et la jeune nation. Prix de Rome, Papéty séjourne de 1836 à 1841 en Italie où sa production est fortement marquée par Ingres. Avec son ami François Sabatier, ils effectuent en 1846 un voyage en Grèce pour étudier sites antiques, monastères orthodoxes et divers traits pittoresques et contemporains de la jeune nation grecque. Il revient dans ce pays en août 1847 pour peindre Le duc de Montpensier visitant les ruines d'Athènes en compagnie du roi Otton en 1845 (Versailles).


Analyse de l'image

Une précision archéologique

Athènes, l'Acropole est une étude préparatoire à l’arrière-plan de l’oeuvre achevée en 1848. L’intense et limpide lumière baignant la scène unifie reliefs, architectures et personnages à peine dessinés au premier plan. Le dessin, d’une grande pureté, est légèrement rehaussé de couleurs pour marquer reliefs et ombres.
L’Acropole est représentée du sud-est, depuis le site de l’Olympéion, grand temple corinthien élevé par Hadrien et dont les vestiges d’une colonne sont esquissés à gauche, au premier plan. La vue, certes générale, se veut toutefois d’une précision archéologique, comme en témoigne la représentation à droite de la porte d’Hadrien.


Interprétation

Les prémices d’une archéologie grecque

À Rome, Papety avait tenté de reconstituer idéalement le quotidien de la Grèce classique avec les soucis de simplicité et de vérité archéologique. Ces recherches rejoignent celles d’Ingres et du groupe des Néo-Grecs parisiens (le Combat de coqs de Gérôme du Musée d’Orsay date de 1846). Il partage alors son goût pour le dessin d’architecture et son intérêt pour la reconstitution de monuments antiques avec les pensionnaires architectes qui, comme Baltard, poursuivent les recherches entreprises dès 1831 par Hittorf sur la polychromie des architectures antiques en étudiant les sites italiens de Grande-Grèce.

Son portrait de groupe de 1848 relate le moment où l’ambassadeur français Piscatory témoigne du siège de l’Acropole durant la guerre d’Indépendance. L’étape grecque du voyage en Orient du duc de Montpensier, fils cadet de Louis-Philippe, veut asseoir les liens entre les deux royaumes. Pour soutenir le gouvernement grec pro-français de Koléttis, dont Papety fit aussi le portrait (Versailles), Piscatory réussit à convaincre le roi de France de créer l’École française d’Athènes en 1846.

Même après sa création, les relevés archéologiques sont le fruit d’architectes prix de Rome. Le Centre culturel ne devint véritablement scientifique que dans les années 1850 ; l’École entreprend alors ses premières fouilles au pied de l’Acropole et se dote d’une section des beaux-arts.

De son dernier séjour, Papety retourne malade ; il décède des suites de cette maladie à Marseille, sa ville natale, en 1849.

Auteur : Guillaume NICOUD


Bibliographie

  • François-Xavier AMPRIMOZ, « Les Femmes à la fontaine de Papety et le style néo-grec », Revue du Louvre, iii (1984), pp. 196-203.

Mots-clés

Grèce

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