L'Histoire par l'image 1789-1939

L'Histoire par l'image 1789-1939
Hors-série Napoléon Bonaparte
Réunion des musées nationaux en partenariat avec la Direction générale des patrimoines

Réception de la reine Victoria dans le port de Boulogne

Réception de la Reine Victoria à Boulogne-sur-Mer, le 18 août 1855.

© Photo RMN - D. Arnaudet

Agrandissement - Zoom

Titre : Réception de la Reine Victoria à Boulogne-sur-Mer, le 18 août 1855.

Auteur : Louis ARMAND
Date de création : 1856
Date représentée : 18 août 1855
Dimensions : Hauteur 120 cm - Largeur 218 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 88-003715 / C31D4;C1405;MV1938


Contexte historique

Derrière le décorum, deux puissances conduisent la guerre de Crimée

En juillet 1853 l’expansionnisme russe, justifié par sa vocation à la protection des orthodoxes, a mené à l’occupation de la Moldavie et de la Valachie, principautés roumaines alors sous obédience ottomane. Soucieux de maintenir les équilibres européens, Napoléon III, qui a rétabli l’empire en décembre de l’année précédente, s’accorde avec Londres pour demander le retrait des troupes tsaristes. Devant le refus de Nicolas Ier, France et Angleterre lui déclarent la guerre (27 mars 1854). A l’été 1855, loin de leurs bases, les armées sont engagées devant le port militaire de Sébastopol en Crimée. Mais les opérations piétinent. Dans ce contexte international tendu, il faut discuter au plus haut niveau de la conduite à tenir. Les deux visites officielles de 1855 le permettent. Après qu’au printemps, le couple impérial a été reçu à Windsor, la souveraine se rend en France à l’occasion de l’exposition universelle de Paris.

Ces grandes manifestations internationales constituent alors des jalons importants. Par delà l’alliance politique, les deux pays jouent un rôle moteur dans le processus d’industrialisation. Si l’Angleterre détient le leadership, comme l’exposition londonienne de 1851 l’a montré, celle de Paris témoigne du dynamisme français.


Analyse de l'image

Célébrer les fastes impériaux

Ce 18 août, la cérémonie d’accueil se déroule dans l’avant-port de Boulogne-sur-Mer, formé par l’estuaire de la Liane où a accosté le navire royal. La scène qui conditionne l’ensemble du tableau se situe sur la passerelle. L’empereur est allé à la rencontre de la souveraine. Debout, à quelques mètres en arrière, le prince consort est entouré de la princesse royale Victoria et du futur Edouard VII. Au même moment, les navires de guerre et les troupes stationnées sur la falaise tirent des salves dans la fumée desquelles ils disparaissent. Agglutinée sur l’esplanade –dominée par le bâtiment du Casino-, encadrée par des unités en grand uniforme, la foule exulte. Derrière le dais pavoisé aux bannières nationales, attendent les landaus. Le cortège doit rejoindre la gare. Il s’agit de gagner Paris où la population se masse entre la gare de l’Est et le château de Saint-Cloud, lieu de résidence de Victoria lors de son séjour parisien.


Interprétation

Sortir du carcan de la Sainte Alliance

Napoléon III donne une nouvelle dimension à l’Entente cordiale. Elle s’inscrit dans sa conception politique de l’Europe, fondée sur l’émancipation des nationalités. De plus, l’empereur est anglophile. Reconnaissant de l’accueil qu’il reçut outre-Manche lors de ses combats politiques, c’est un admirateur des institutions britanniques. C’est au nom de cette alliance que la France, d’abord médiatrice entre la Russie et La Porte a accompagné l’Angleterre –elle aussi très soucieuse de la situation en Méditerranée orientale-. L’issue victorieuse, sinon le déroulement chaotique du conflit renforce la position du régime impérial en Europe. Les négociations sont effectuées au congrès de Paris (25 février - 8 avril 1856). Le principe de l’autonomie des nationalités y progresse avec l’émergence des principautés roumaines. L’Europe de Napoléon Ier avait été engloutie par les traités de Vienne et d’Aix la Chapelle instituant la Sainte puis la Quadruple-Alliance. Celle de son neveu émerge moins de quarante après. L’alliance anglaise dont témoigne ce tableau contribue à expliquer cette réussite.

Auteur : Bernard COLOMB


Bibliographie

  • Napoléon III et la reine Victoria, une visite à l’exposition universelle de 1855, catalogue de l’exposition au Musée national du château de Compiègne, 4 octobre 2008 – 15 janvier 2009, Rmn, Château de Compiègne.
  • Pierre MILZA, Napoléon III, Paris, Perrin, 2004.
  • Jean TULARD, sous la direction de, Dictionnaire du Second Empire, article : « Crimée », éd. Fayard.

Mots-clés

Entente cordiale - guerre de Crimée - Napoléon III - politique des alliances - port - Reine Victoria - Royaume-Uni - Second Empire - vie de cour

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